11 juillet 2008
Drive away
Finalement, à force de m'imaginer une maturité peu comparable face à celle de ceux de mon âge (et des plus vieux, aussi, hum) je crois que je régresse. Je deviens plus gamine que je ne l'ai jamais été.
Je ne crois plus aux contes de fées et n'adresse plus un "pouny" ravageur, les yeux embrumés devant un copain de classe qui me pousse, mais...
Je vis dans un univers totalement irréel, m'invente drame et histoire dans mon monde personnel, me fait vedette d'une tragédie moderne sanglante et triste à pleurer... Les princesses et fées (dans mon cas, c'était les vampires et les épouvantails dansants) ont été remplacées par d'autres scènes d'un genre nouveau, poétique et horrible. J'aime le drame comme j'aime les disputes, crier et dominer ceux qui m'entourent. Je prend l'esprit d'une gamine pourrie gâtées, qui veut régner sur son monde. Et je m'en satisfait...
Je prend et jette les autres comme si l'homme n'était pas digne d'intêret. Seul la vie est importante, et pas les sentiments. L'examinateur de mon oral de français m'a dit que je "comprenais les choses très profondément", et que j'étais "très sensible aux atmosphères, mais pas assez aux sentiments". Je deviens bien cette chose froide que je voulais être, insensible aux choses heureuses et totalement devastée à celles qui le sont moins. Je n'arrive plus vraiment à me considérer comme autre chose qu'un monstre, rejetant l'amour qui se présente et aimant de bien maladroite façon. Étrangement, je pense pouvoir assimiler toutes les différentes facettes de la personnalité de quelqu'un, même inconnu, mais mon fonctionnement à moi me semble totalement étranger et changeant. Je prie pour une tendresse honnête mais appelle la douleur de toutes mes forces quand elle vient à manquer... Je vous l'ai dit, j'aime avoir mal.
On me croit hypocrite, bien à vos aises. Je suis très honnête avec moi même ; j'utilise les gens sans aucune honte, "il vaut mieux ça plutôt que rien, au moins ils servent à quelque chose". Je n'ai pas honte de ce que je suis, et tant je pense avoir des qualités plutôt cools, tant je sais mes défauts très nombreux et très dérangeants. C'est bien simple, si quelque chose me dérangeait en moi, je le changerai tout de suite (si vous n'êtes pas totalement con, vous trouverez cette phrase inutile tellement elle est évidente). Je ne crois pas être malhonnête envers les autres. Nous autres adolescents abrutis faisons partie d'une régression à grande échelle, qui veut que tout le monde soit "super-kiffant-j'l'adore-trop-quoi". J'ai rarement utilisé un "je t'aime" quand il n'était pas véritable, et c'est une des seules choses importantes, a priori. Mais, bien sûr j'use de sourires, de compliments et de "compassion" qui font que je passe pour la nana super sympa et trop marrante qui est l'amie de tout le monde, youhou. Mais non, c'est faux. Moi les autres je m'en bat la race, quelques personnes comptent et me suffisent amplement. Et si un jour je les perds, ce qui arrivera sûrement un jour à cause de ma grande gueule et de mon égocentrisme grandissant, je trouverai d'autres gens intéressants (après avoir pleuré ce qui me reste de larmes). (Quand même, je ne suis pas insensible à ce point, j'aime mes amis de façon iraisonnable). Je me sens seule, mais entière (du moins, entière avec ce qui reste). Ce que je dis doit être bien confus, mais il est 4h du matin, j'enchaîne clope sur clope pour ne pas m'endormir et je viens de regarder Mulan, alors...
Enfin bref. J'ai encore difficilement cerné ma propre personnalité, je n'arrive pas vraiment à mettre des mots sur ce qui me semble évident parce que c'est trop profondémment ancré en moi, mais...
Je ne crois pas être une personne mauvaise. Je pense faire partie de ces personnes qui sont là pour regarder les autres et créer autre chose pour ne pas sombrer. Je ne pense pas être plus ou moins importante que les autres, et si j'ai un regard dévastateur sur ceux qui peuvent m'entourer, il n'est pas plus fleuri quand je m'interroge sur moi même. Si j'ai une qualité importante, je crois que c'est celle du recul. Je peux me jeter des fleurs comme m'immoler, je peux m'adorer comme me détester, et me trouver noble comme me trouver pute. Et si je réfléchis tant sur moi même, c'est pour mieux sentir les autres. Je peux être une gamine comme une adulte, aussi...
Mais j'accepte tout. Si l'on me fait une remarque, je l'accepte tant que les arguments sont justes. Les phrases lancées à la va-vite pour me déstabiliser ou m'enfoncer me semblent juste venir d'une personne stupide. Je reconnais tous mes défauts et toutes mes erreurs. Mais ceux qui ne réfléchissent pas plus que ça et pensent pouvoir me cerner, je les emmerde, tout simplement. Je suis trop complexe pour moi même, et ne pense réellement pas que quelqu'un pourrait vraiment découvrir ce que je pense et la nature de mes actes. Dans un sens, je suis bien humaine, et égale aux autres. Bien sûr.
Encore une chose. Ce n'est pas parce que j'aime des choses "différentes" (ce qui est totalement faux, et je trouve ces remarques complètement connes) que je suis "super-top-cool". Je me suis trouvée et je suis dans un juste milieu, qui m'ouvre les portes qui me correspondent le plus, et que ce soit la musique que j'écoute, les films que je regarde, les livres que je dévore ou les personnes que j'admire, ces choses là réussissent à m'élever par leurs simple présence. Finalement, je ne suis pas trop compliquée, sur certains points. Même si la vague de "je te recopie parce que t'es underground" me donne envie d'exploser les tibias de tous ceux qui se lancent dans ce chemin (ce qui, bizarrement, touche beaucoup de personnes que je fréquente), je me dis qu'un jour, ils auront peut être ma chance.
Oui, je suis égocentrique, grande gueule, cynique, colérique, chiante et blah blah blah... Mais j'aime les défauts. Ça rend humain.
Oh, je sais bien que personne ne lira ce pavé, mais qu'est ce que ça fait du bien, d'écrire ce qui vient sous tes doigts. L'article sera sûrement supprimé dans quelques jours ; adios amigos.
Commentaires
Chouette, encore un article à voir qui risque de sauter... ;)
Je pense que beaucoup de monde te lit et va lire ce gros pavé. D'une part parce que tu fascines et d'autre part parce que c'est toujours très bien écrit. Je suis sûrement pas la seule à te lire en silence !
C'est bizarre que tu dises que personne ne lira ce pavé, parce que d'un côté tu es parfaitement consciente que l'on t'idolâtre mais de l'autre tu ne penses pas qu'un long article sur ta personne soit intéressant. Et pourtant ! Les gens veulent tous te connaître, te connaître plus que leur voisin... (et s'en vanter ensuite d'ailleurs).
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